vendredi 21 octobre 2011

Le froid arrive et il faut isoler

Le chantier était tout d'un coup calme cette semaine. Parce que les trois ouvriers sont partis pour un autre chantier. Il ne reste que Geo., chef du chantier. Il a attaqué l'isolation du toit tout seul. Il a d'abord mis plein de piques sous les chevrons , qui tiendront la deuxième couche isolante. Et après, il a commencé à mettre sa première couche de laine de verre entre les chevrons. Il se plaignait que des poussières de verre piquait ses yeux car ça s'envole au moment de la pose. Tout se passe maintenant dans la maison.


Jusque là, il y avait tout le temps du bruit, l'aller et venue des gens et des matériaux. Je me sens un peu triste sans le brouhaha que j'ai pu observer tout au long de travaux à travers la fenêtre de la petite maison. En plus, le froid arrive ! Il fait encore noir quand Geo. arrive. Il doit éclairer la maison avec des projecteurs ou des lampes improvisées. On a décalé d'une heure notre rendez-vous de chantier du mercredi. Avec le froid, la vie en chantier va être de plus en plus dure.

Mais ce matin Nat., le maçon qui a surtout travaillé au début des travaux, est revenu de Bordeaux pour aider Geo. Il est le plus gai et le plus bruyant de l'équipe. Cela va égayer un peu l'ambiance fraiche qui s'était installée. Ils vont mettre la deuxième couche ensemble . Et après, le dernier film d'isolation par dessus la semaine prochaine.

mardi 11 octobre 2011

Enfin couverts

Le couvreur J. a terminé aussi le toit de la cage d'escalier côté jardin. Les trois petits vélux ont été posés.


Geo. le chef du chantier continue patiemment les escaliers. Il a l'air d'un ours gentil, silencieux mais méthodique. Grâce à son travail de coffrage et de bétonnage, nous pouvons maintenant monter jusqu'au 1er étage. Demain jusqu'au 2ème ! En passant par l'ancien escalier, qui n'est pas encore détruit, nous savons que l'on a une belle vue à partir du trou de fenêtre en demi-lune, chez Paul, tout en haut.

Ca. commence à attaquer le petit balcon attenant à une pièce où nous souhaiterions mettre les tatamis. Je tenais à ce balcon. Je voulais une petite ouverture vers le jardin pour que la pièce respire.

Les deux électriciens père et fils ont débarqué sur notre chantier depuis le début de la semaine. Nous étions un peu affolés car notre plan d'électricité n'était pas tout à fait au point suite aux changements divers. Nous avons eu un entretien avec l'architecte ce matin et c'est plus clair maintenant.
Une amie architecte m'avait prévenu : Dans les travaux, on court sans arrêt derrière les entrepreneurs. C'est une vérité.

jeudi 29 septembre 2011

Le toit est là !

Nous avons maintenant une belle toiture. Ouf, on ne se sentait pas à l'aise sans. Avec un toit, la maison a l'air d'une maison comme dans un dessin d'enfant.

La petite pointe en zinc se dresse fièrement sur notre toit. C'est une petite coquetterie de la maison en banlieue. Elle est héritée de Jeannette. On a voulu la garder en hommage à elle.


Heureusement il fait un temps exceptionnel en ce mois de septembre.
Pour J. le couvreur, hélas, ça ne doit pas être drôle car il doit refaire la gouttière qu'il vient de fabriquer côté mitoyen avec nos voisins, suite à nos réclamations. Elle ne correspondait pas au DAO (devis descriptif de travaux). Laisser faire, réclamer, demander des améliorations, les voir refaire... Cela devient notre habitude. Mais l'équipe ne tombe jamais de mauvaise humeur. J. chante toujours sur le toit.

Ils sont maintenant quatre : J. le couvreur, Ca. qui l'assiste, Geo. le chef du chantier qui attaque l'installation des escaliers et Ad. qui l'aide. Je suis contente avec l'idée d'avoir enfin des escaliers et un accès à la nouvelle partie de la maison. A suivre...

vendredi 9 septembre 2011

Plus de toit !

Après les vacances, les ouvriers sont revenus. Ils sont maintenant trois.
Heureusement nous avions évacué la chambre de Paul qui était sous le toit le week-end dernier. Car lundi soir, on n'avait plus de toit !
Parmi les débris de tuiles, sur l'une d'elles est apparue la date de 1925. Les gens vivaient donc les années folles. Mais dans cette ville, la vie devait couler tranquillement pour Jeannette et son mari postier...

Mardi soir, le vent était très fort. Le bruit que faisait la bâche était impressionnant et on a eu du mal à s'endormir. Nous prions au ciel de ne pas laisser tomber d'eau pendant les "deux bonnes semaines" à venir que l'entrepreneur M. Al a prévues.

A la réunion de chantier de mercredi matin, on s'est mis d'accord que les murs qui font le pignon de la maison ancienne doivent être démolis pour réaliser un chaînage. Le bruit de démolition a bel et bien repris. Et aussi la poussière horrible! En plus j'ai retrouvé ce monstre dans la cour, dont je croyais m'être débarrassé : la benne !

Tout se passe avec la "méthode traditionnelle". C'est à dire, ils tapent à la masse, cassent les murs et jettent les débris en bas, certes gentiment mais du haut jusqu'en bas... Alors le chantier que ça fait, je ne dis pas... Des débris jonchaient même notre balcon. Le cage d'escalier de l'intérieur aussi, bien que le trou en haut ait été bouché. Je me suis dit vraiment "on est courageux".

Mais toujours une surprise arrive! Jeudi soir, Jacques constate que déjà deux rangés de parpaings étaient montées sans le chaînage prévu ! On s'est mis d'accord pour le chaînage, non ? Jacques envoie une missive par mail à l'architecte et à M. Al. C'est épuisant de pointer le doigt sur ce qui n'a pas été bien fait et de le faire corriger.

A 6h le matin, j'envoie un SMS à M. Al. Je sais qu'il est à pied d’œuvre dès 5h.
Il m'appelle à 7h en disant qu'il pensait le faire en deuxième rangée car l'état du plancher n'était pas terrible et qu'il emmènerait les matériaux nécessaires à 8h.
Bon, d'accord, c'était prévu.
Et il ajoute : "Si les ouvriers avaient fait trop de parpaings, on cassera".
Je commence à bien comprendre leur "méthode traditionnelle".

lundi 25 juillet 2011

Vivre en chantier

Au fur et à mesure que les murs montent, Matthieu, qui garde sa chambre dans la maison, a du mal à capter le wi-fi qui se trouve dans la maisonnette. Il doit souvent venir dans l'annexe pour bénéficier de l'internet. La vie tourne maintenant autour de cette maisonnette.
Oui, c'est un peu étriqué pour une famille de quatre personnes plus un chien. Mais avec un minimum, on se débrouille bien finalement. Je me suis bien habituée à préparer le repas dans une cuisine minuscule. Simplement il ne faut pas être deux là-dedans !

Jacques et moi traversons toujours le jardin pour aller dormir dans la maison, avec un simple matelas par terre. Nous serons chassés tôt ou tard de la maison quand les ouvriers attaqueront la toiture. Paul est le seul, pour l'instant, qui dort dans la maisonnette. Il se sent bien sur sa mezzanine et dans son lit de paquebot.


J'aime beaucoup cette maisonnette revêtue de bois. C'est la petite sœur de Jeannette. Je me demande si ce n'était pas un peu à cause d'elle que cette maison m' a plu dès la première visite. Elle me fait penser au petit cabanon que mon père a construit lui-même dans la montagne où j'ai passé mes vacances. Il portait mon prénom. Il est un symbole du bonheur de mon enfance. Il n'y avait rien, même pas l'électricité ni l'eau tout au début. On s'éclairait à la bougie. On allait chercher de l'eau loin jusqu'au puits. Mais j'y étais heureuse. Avec pas grand chose, on peut être heureux. C'est mon père qui me l'a appris.

Quand on a acheté Jeannette, la maisonnette était dans un état pitoyable sauf la structure extérieure qui a été soignée par le propriétaire précédent. Jacques a mis un an pour la rendre habitable : isolation, électricité, plomberie, cuisine, douche... tout ! Et on a fait démarrer les travaux. On a réussi à y caser à peu près tout ce qu'il faut pour notre vie. Même le piano !

Ad. nettoie et range le chantier tous les soirs avant de partir. J'imaginais le pire : le jardin entier envahi de matériaux et de débris... Mais non, nous gardons un coin du jardin pour nous. Nous pouvons même manger dehors s'il fait beau (c'est rare ce mois-ci). Il y a des fleurs. Il y a des tomates. En plein chantier, certes, mais la vie n'est pas si désagréable. A condition qu'on ne dramatise pas les poussières par ci, les désordres par là. Ça apprend aussi aux enfants qui observent les ouvriers travailler tous les jours que Rome ne se fait pas en un jour et c'est une expérience assez précieuse à notre époque qui cherche l'immédiateté.

vendredi 15 juillet 2011

Maçon, c'est un métier

Quand on parle de construire un mur au vingt-et-unième siècle, on peut imaginer un ouvrage "durable", en rondins ou en bottes de pailles. On est prêt alors à accepter que ledit mur manifeste un peu d'indépendance vis-à-vis du cordeau ou du fil à plomb.
Mais chez nous c'est du traditionnel, du bien rectangulaire, du parpaing de père de famille. La fantaisie, on s'en chargera nous-même avec le choix du papier peint. On demande à un mur qui commence chez soi de ne pas monter chez le voisin. On en attend quelques qualités géométriques comme la rectitude, la planéité, la verticalité.
C'est pourtant simple, non ?

Eh bien non : le mur qui est en train d'être construit contre la maison du voisin avait paraît-il décidé d'être moderne.
Ma constatation au 14 juillet : 1) Le mur n'est pas construit verticalement et a tendance à aller chez le voisin. Le fil à plomb révèle un écart de 5 à 10 cm entre la base et le sommet. 2) Vu d'en haut, le mur n'est pas plan. 3) L'écartement de 2cm avec la maison voisine n'est pas respecté.
Pour respecter les règles de l'art, un polystyrène de 2 cm doit être inséré entre le mur et la maison voisine pour assurer une complète indépendance des deux structures. Or comme le montre la photo ci-dessous, au stade où en est la construction, cet écartement est inégal et les deux murs viennent même en contact.

C'est tout à fait inacceptable et l'architecte qui assure le rôle de maître d’œuvre en est bien d'accord.
Aujourd'hui 15 juillet, un rafistolage a été effectué...
C'est mieux, le fameux polystyrène est à sa place. Jugée d'en haut, la planéité laisse encore à désirer mais on peut espérer qu'à la fin le crépi sera appliqué avec habileté pour rattraper le coup.
Au fait, la petite fenêtre que vous voyez s'esquisser éclairera la salle de bain.
Un renflement, à gauche, est perceptible...

samedi 2 juillet 2011

Bientôt le plancher du 1er étage


Les murs atteignent le 1er étage. Cette semaine, la dalle du 1er étage sera coulée.
Malgré un problème par-ci, un autre par-là, les travaux avancent lentement mais sûrement.
Nat. qui est parti sur un autre chantier a été remplacé, depuis trois semaines, par un autre maçon Cal. J'ai été soulagée de ne plus entendre sa radio qui chantait " Chérie FMMM !" tout au long de la journée. Cal. n'allume pas de radio. Par contre, il bavarde plus en travaillant avec son assistant Ad. Mais comme il a toujours un ton joyeux et n'arrête jamais ses mains, cela ne me gêne pas trop. Ils se parlent en Portugais. Ils sont du Cap-Vert.

Je ne connaissais rien du Cap-Vert sauf Césaria Evora. J'apprends que l'île était inhabitée avant l'arrivée des colons portugais en 1456 . La plupart des Cap-verdiens sont donc des métisses des Portugais et des esclaves africains. Je ne sais pas s'ils sont tous comme ça mais je trouve nos trois ouvriers humainement bons et chaleureux. Aucun ombre de vulgarité, plutôt polis et ponctuels. Comme je passe mes journées avec eux pendant des mois, c'est appréciable.

Nat. a un côté un peu fou et brut mais il a quelque chose d'attachant. En général, il ne parle pas (sauf que c'est la radio qui parle). Il fonce comme un sanglier qui court. Mais parfois, il est soudain euphorique à mort. Il éclatait de rire toutes les cinq minutes. Je me demande ce qu'il a dû prendre... Il aime bien prendre une cannette de bière après une journée de travail.
Cal. est plus décontracté et nonchalant. La communication entre nous est beaucoup plus facile. Il garde toujours sa bonne humeur. Pas d'alcool. Il pense à sa santé. Il préfère le coca.
Ad. est un garçon grand, sérieux et très discret, d'autant plus qu'il ne parle pas le français. Mais il est quelqu'un de sensible et il a un fond très gentil. Quand il sourit, on le sent.

La construction d'une maison n'est pas que technique. Elle est aussi une aventure humaine. Un certain rapport de force est inévitable, notamment entre l'entrepreneur M. A. et nous. Mais pour moi, ces trois ouvriers ont bien un nom et c'est un peu comme s'ils font partie de la famille qui veille sur Jeannette.